Fonctionnement de l’École

À la lumière des neurosciences, nous en savons plus sur les mécanismes d’apprentissage.

Voici un montage nous permettant de comprendre le concept de la plasticité cérébrale :

Source Céline Alvarez sur La Maternelle des enfants.

D’où l’importance de veiller à créer un environnement favorable au développement de l’enfant, tant sur la liberté d’exploration que sur le plan affectif et social.

Regrouper les enfants de tout âge favorise la synergie, la collaboration, le développement social…

Grandir dans un environnement qui respecte son rythme est fondamental pour l’enfant. Sans évaluation ni compétition, l’enfant est en confiance et laisse libre court à sa curiosité naturelle, il explore et découvre pour apprendre.

 

L’Imaginarium : Définition d’une école démocratique qui répond aux besoins de l’enfant.

L’école démocratique est un lieu où les enfants sont libres de faire leurs propres choix concernant leurs apprentissages et tous les autres domaines de la vie. Elle est ainsi libérée des programmes scolaires, des emplois du temps et des classes d’âges. Cette école s’inspire de la Sudbury-Valley School qui adopte cette approche depuis 1969 et connaît des résultats qui défient toute sagesse conventionnelle.

80% des anciens de la Sudbury School sont allés à l’université, dont certains à Harvard ou Columbia.
Les 20% restants se sont orientés vers des métiers qui ne demandaient pas d’études supérieures.

Ce type d’école renoue avec la tradition socratique d’admettre notre ignorance de ce qu’est une bonne éducation pour la jeunesse, de laisser l’enfant être qui il est, sans le juger, sans projeter sur lui ce que nous aimerions qu’il soit.

 

Les 5 axes clés qui nourrissent le projet

  1. Offrir à l’enfant un cadre sécurisé, bienveillant, riche en ressources, où il pourra librement épanouir son potentiel dans les domaines qui l’intéressent.
  2. Faire confiance aux enfants pour résoudre leurs problèmes eux-mêmes ou pour demander de l’aide lorsqu’ils en ont besoin.
  3. Tout comme l’apprentissage naturel de la langue maternelle, l’apprentissage naturel de la lecture et de l’écriture se passe à travers une infinité d’interactions subtiles qui se passent dans leur environnement.
  4. Le jeu libre au cœur du développement de l’enfant en tant que pédagogie naturelle.
  5. Respecter la parole et les élans naturels de l’enfant.

 

La place de l’enfant dans l’école

L’école est souvent un moyen de rassurer le parent…

« Mon enfant ne passera-t-il pas à côté d’apprentissages ? »

Chaque enfant apprend naturellement à lire, à écrire, à compter lorsqu’il en ressent le besoin tout comme il apprend à marcher ou à parler, à son rythme.
Il aura l’opportunité d’y explorer les domaines qui lui tiennent à coeur en fixant ses propres objectifs.
Le respect fondamental de ce rythme et de ces élans est garant de l’ancrage des apprentissages.

 

6 conditions pour un apprentissage efficace et épanouissant 

  1. La place de l’enfant est centrale et son éducation relève de sa propre responsabilité.
  2. La possibilité de jouer, d’expérimenter, d’explorer et de poursuivre ses propres intérêts.
  3. Un accès à la culture afin de répondre à ses envies, ses besoins et éveiller chez lui des centres d’intérêts.
  4. L’adulte encadrant est un facilitateur qui l’accompagne pour trouver des solutions afin d’évoluer dans différents domaines.
  5. Des groupes d’âges mixtes. Les plus âgés apprennent des plus jeunes et inversement. Les grands servent de modèles aux plus jeunes. Le libre échange des idées, la conversation ouverte et les intéractions entre les personnes lui permettent d’accéder à de nombreux domaines de connaissances.
  6. Vivre la démocratie au quotidien

 

L’ apprentissage vu par les neurosciences

1. L’attention

« Le mouvement cérébral qui va nous permettre d’orienter notre action en fonction d’un objectif, d’un centre d’intérêt… Grâce à elle, nous captons, par nos cinq sens, les différentes informations en provenance soit de notre environnement, soit de notre ressenti émotionnel ou psychologique. »
Audrey Akoun et Isabelle Pailleau, auteurs de La pédagogie positive
Il est possible d’entraîner les enfants à concentrer leur attention afin de la mobiliser quand ils le souhaitent.
Voici plusieurs types d’activités qui participent au renforcement des capacités d’attention :
  • La méditation
  • L’entraînement au contrôle de la motricité
  • La pratique d’un instrument de musique

2. L’engagement actif

Un organisme passif n’apprend pas. L’apprentissage est optimal lorsque l’enfant alterne apprentissage et test répété de ses connaissances. Cela permet à l’enfant d’apprendre à repérer ses erreurs.
Une étude scientifique a montré que le nombre de tests via des exercices compte plus dans la mémorisation que le nombre d’heures passées à étudier.
L’enfant sera d’autant plus actif et engagé quand il aura envie de faire l’action. Cette envie est déclenchée quand l’activité lui plaît, qu’elle importe pour lui, qu’il y voie un intérêt personnel… et non pas parce qu’il y est contraint par un intervenant extérieur.

3. Le retour d’information

Recevoir un retour d’information immédiat sur l’action en cours est constitutif de l’apprentissage. Plus le retour est proche dans le temps de l’erreur, plus l’action corrective sera efficace et intégrée de manière pérenne.
Les erreurs sont positives et sources d’apprentissage. Elles sont normales dans le processus d’apprentissage car elles expriment à la fois la représentation mentale que l’élève se fait d’une notion ou d’une action et un obstacle à repérer avant de le dépasser.
Les neurosciences démontrent donc que :
  • L’erreur ou l’incertitude sont normales – elles sont même indispensables.
  • Les punitions face aux erreurs ne font qu’augmenter la peur, le stress, et le sentiment d’impuissance.
  • La motivation positive et les encouragements stimulent l’apprentissage.

Les meilleurs encouragements résident dans le regard des autres et la conscience de progresser, ils ne sont pas synonymes de récompenses.

4. La consolidation

L’automatisation des connaissances est essentielle. L’automatisation est le fait de passer d’un traitement conscient avec effort à un traitement automatisé, inconscient.
Lors d’un nouvel apprentissage, notre cerveau a recours à un traitement explicite, c’est-à-dire une situation, ou plutôt un stade où le cortex préfrontal est fortement mobilisé par l’attention.
Le point culminant d’un apprentissage est le « transfert de l’explicite vers l’implicite » : c’est l’automatisation des connaissances et procédures.
Cette automatisation passe par la répétition et l’entrainement.
Elle permet de libérer de l’espace dans le cortex préfrontal afin d’absorber de nouveaux apprentissages.
Il est essentiel de répéter une connaissance nouvellement acquise :
pour mémoriser une information, notre cerveau a besoin de trois passages au minimum; pour intégrer une nouvelle habitude, il a besoin de 21 jours.

 

« Ce n’est pas en lui tenant les ailes qu’on aide un oiseau à voler.
L’oiseau vole simplement parce qu’on l’a laissé être oiseau. »
Mia Couto

Source Hudson Valley Sudbury School, traduction : L’École Autonome